Féminicides et impunité: le cas de Ciudad Juárez

Éditeur ECOSOCIETE
Paru le
Papier ISBN: 9782923165820
Numérique - PDF Protection: filigrane ISBN: 9782897190262
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Ciudad Juárez est devenue synonyme de violence extrême. Cette ville frontalière du nord du Mexique, où sont établies de nombreuses maquiladoras, constitue non seulement l’un des principaux sites de la guerre sans merci que se livrent les cartels de la drogue, elle représente aussi le lieu emblématique de ce qu’on appelle aujourd’hui le « féminicide ». Plus d’un millier de femmes ont été tuées depuis 1993 dans cette ville de 1,3 million d’habitants. Leurs cadavres ont souvent été retrouvés sur des terrains vagues ou dans le désert entourant l’agglomération, portant des marques de torture et de sévices sexuels. Toutes sortes d’hypothèses circulent sur ces crimes, mais un fait demeure : la plupart sont restés impunis. Comment expliquer une telle impunité ? Le terme de « féminicide » s’est peu à peu imposé pour désigner cette réalité intolérable qui n’est pas propre au Mexique. S’il signifie le fait de tuer une femme pour le simple fait d’être une femme, ce concept met également en cause la responsabilité de l’État, qui se révèle incapable de garantir le respect de la vie des femmes. De plus, le fait que les femmes assassinées proviennent en général de milieux modestes et racialisés ouvre la réflexion sur plusieurs types de féminicides. Résolument inscrite dans une perspective féministe, l’analyse de Marie France Labrecque dépeint un contexte régional et une économie globale qui renforcent la violence de genre, alors que le patriarcat est présent dans toutes les couches de la société mexicaine. C’est avec la rigueur du travail de terrain et la générosité du témoignage engagé que cette chercheuse et anthropologue féministe tente de « comprendre l’incompréhensible ».

Les libraires craquent

  • Commenté dans la revue Les libraires par Ismaël Bellil, librairie La Maison de l’’Éducation

    Malheureusement, nombreux sont les génocides sur terre. Ces massacres sont perpétrés dans plusieurs dynamiques comme des conflits ethniques et des purges de régimes dictatoriaux. Dans la triste typologie des génocides, il y a celui dont les victimes sont des femmes, soit le «féminicide». Marie France Labrecque en traite dans cet essai par le biais du cas de Ciudad Juárez, ville mexicaine où des femmes sont assassinées pour ce qu’elles sont… des femmes. Pourtant, face à cette horreur, l’État mexicain ferme les yeux alors que les responsables du massacre restent impunis. Si la lecture de l’ouvrage s’avère difficile compte tenu de l’abjection de son sujet, elle n’en reste pas moins une nécessité, voire un devoir, et ce, non seulement pour les lectrices mais également (ou surtout) pour les lecteurs.


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