Le roman est un songe

Éditeur SEUIL
Paru le
Papier ISBN: 9782021011722 Pas en stock.
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La vocation du roman est de donner à penser. Prodigue en détails qui laissent songeur, il en dit à la fois trop et trop peu : il esquisse et esquive la pensée. Son langage consiste en idées esthétiques, non en concepts : suggestives, impossibles à circonscrire, comme ouvertes sur l'incertain. La fiction se méfie du discours de la vérité.Le XIXe siècle français représente de ce point de vue un tournant dans l'histoire du genre, le moment où se manifeste son essence : le romancier, bon gré mal gré, renonce à la pensée catégorique. Alors que, dans un tourbillon d'idéologies en concurrence, s'édifie le monde nouveau de la société démocratique, le roman explore «le présent qui marche», comme dit Balzac. Il s'interroge sur la place de l'homme dans cette société mouvante, sur ses désirs et ses angoisses. Pour ce faire, il se renouvelle lui-même : apparaissent le roman intime, le roman historique, le roman réaliste. Face au discours spécialisé du savant, du psychologue, du sociologue, de l'historien (de Maine de Biran, de Tocqueville, de Michelet, par exemple), le romancier se pose en «docteur ès sciences sociales», cherchant à saisir le réel dans sa complexité - et avouant sa perplexité. Le roman donne à penser, mais ne prétend plus instruire. Tel est le paradoxe de la pensée romanesque : à la fois prolixe et sceptique.

Les libraires craquent

  • Commenté dans la revue Les libraires par Joëlle Tremblay, librairie Pantoute

    L’art en général est une matérialisation de la pensée. À la différence de la pensée analytique et philosophique, «la pensée esthétique est une pensée sublime» qui «résiste au déchiffrement». Le roman est, selon Philippe Dufour, une forme de pensée qui reste à définir, et c’est ce qu’il tente de faire dans cet essai fin, riche et brillant. Par son souci d’atteindre l’inatteignable et de dire l’indicible, le roman permet de comprendre différemment le monde; c’est par le thème général, la construction des personnages ou encore par le type de narration que le roman «donne à penser». L’Idée s’y incarne dans l’image, dans le personnage ou dans le temps du récit. Dufour tente de rendre ses lettres de noblesse au roman, cette forme de littérature parfois maltraitée si on la compare, par exemple, avec la poésie: il y parvient habilement.

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