Journaux 1959-1971

Éditeur JOSE CORTI
Paru le
Papier ISBN: 9782714310286
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Journaux 1959-1971Depuis les années 50 jusqu'à son suicide, en 1972, Alejandra Pizarnik n'a eu de cesse de se forger une voix propre. Conjointement à ses écrits en prose et à ses poèmes, le journal intime qu'elle tient de 1954 à 1972 participe de cette quête. Une voix creuse, se creuse, avant de disparaître : « Ne pas oublier de se suicider. Ou trouver au moins une manière de se défaire du je, une manière de ne pas souffrir. De ne pas sentir. De ne pas sentir surtout » note-t-elle le 30 novembre 1962.Le journal d'Alejandra Pizarnik se présente comme une chronique des jours hybride, qui offre à son auteur une sorte de laboratoire poétique, un lieu où s'exprime une multiplicité de « je », à travers un jeu spéculaire. Au fil des remarques d'A. Pizarnik sur sa création, sur ses lectures, de ses observations au prisme des journaux d'autres écrivains (Woolf, Mansfield, Kafka, Pavese, Green, etc.), une réflexion métalittéraire s'élabore, lui permettant un examen de ses propres mécanismes et procédés d'écriture.Le journal est aussi pour A. Pizarnik une manière de pallier sa solitude et ses angoisses : il a indéniablement une fonction thérapeutique. « Écrire c'est donner un sens à la souffrance » note-t-elle en 1971. A. Pizarnik utilise ainsi ses cahiers comme procédé analytique, refuge contre la stérilité poétique, laboratoire des perceptions, catalyseur des désirs ou exutoire à ses obsessions. Les Journaux sont toutefois moins une confession ou un récit de soi qu'un ancrage mémoriel, une matière d'essayer de se rattacher au réel par des détails infimes et de se rappeler qui l'on est.

Les libraires craquent

  • Commenté dans la revue Les libraires par Anne Gosselin, librairie Pantoute

    S’imprégner de la prose d’une grande figure de la littérature argentine et lire ses journaux intimes est une expérience. Cela permet de prendre contact avec l’esprit de l’artiste et d’apprendre à la connaître sans passer par le filtre éditorial et celui de l’auteur. Les journaux d’Alejandra Pizarnik nous présentent une femme tourmentée, quelqu’un de tellement sensible que chaque petite variation de son univers l’affecte intensément. Elle a l’impression de tourner en rond, ne sait pas où se poser pour être complètement bien avec elle-même. Elle veut écrire, trouver son propre style, mais ne se rend pas compte qu’elle est justement en train de réaliser toutes les choses qui feront d’elle une des poètes argentines les plus influentes de sa génération.


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