Il court il court le Bauhaus: essai sur la colonisation de...

Éditeur BELLES LETTRES
Collection : Le goût des idées
Paru le
Papier ISBN: 9782251200262
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Essai sur la colonisation de l’architecture. Mon premier est un gratte-ciel. Mon deuxième est un grand ensemble. Mon troisième est une banque, ou une école, ou un bureau de poste. Mon tout se trouve à New York, Sarcelles, Rotterdam ou la Défense. C'est le style international, à qui nous devons cubes de béton, façades en verre fumé, poutrelles d’acier et autres intérieurs beige/noir/blanc cassé qui constituent l’architecture moderne. Comment en est-on arrivé là? Pour Tom Wolfe, tout commence en Allemagne, aux lendemains de la Première guerre mondiale, avec le Bauhaus, qui regroupe les jeunes Turcs de la nouvelle architecture sous la direction de Walter Gropius. Leur devise : anéantir l’architecture bourgeoise. Marxistes, ils rêvent de balayer les décombres de la vieille Europe décadente, baroque et néo-classique, pour y édifier un monde rigoureux et abstrait, célébrant les noces de l’Art et de la Technologie. Chassés par la montée du nazisme, ils se réfugient aux États-Unis. Se produit alors un miracle : subjuguée, la classe dirigeante américaine s’incline devant ces nouveaux arrivants à qui elle offre les clefs de son royaume. C’est ainsi que la Babylone du capitalisme triomphant confia à un groupe de théoriciens le soin de définir son art officiel. Pendant ce temps, Le Corbusier en France et le groupe de Stijl en Hollande occupaient le terrain, propageant des idées analogues qui, formant un nouvel académisme, devaient inspirer le travail de trois générations d’architectes, d’un bout à l’autre de la planète. Oui, il court le Bauhaus. Et nul ne sait où s’arrêtera l’invasion de ce style international, abstrait et incolore, qui, telle une caricature de la modernité, a colonisé notre espace quotidien. Parce que la beauté est inséparable d’un certain art de vivre, Tom Wolfe s’attaque avec une férocité tonique à cette nouvelle scolastique, dénonçant ses dévots — de noir vêtus —, ses clercs et ses dieux.

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L’auteur et journaliste américain Tom Wolfe est décédé à New York le 14 mai à l’âge de 88 ans à la suite d'une hospitalisation dû à une infection. Le roman Le bûcher des vanités, le premier de l’écrivain, lui vaudra une renommée internationale. Ce livre fait état des tensions sociales et politiques qui agitent la ville de New York dans les années 1980. « Ne vous retrouvez jamais pris dans le système de la justice américaine. Dès que vous êtes pris dans la machinerie, juste la machinerie, vous a

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