C'est ma seigneurie que je réclame

Éditeur BOREAL
Paru le
Papier ISBN: 9782764620212
Numérique - PDF Protection: filigrane ISBN: 9782764630211
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En 1651, la monarchie française concède la seigneurie de Sillery, près de Québec, aux « sauvages néophytes chrétiens », montagnais et algonquins. C'est la première fois que le roi de France donne une seigneurie à une communauté autochtone. Et ce sera la dernière. En fait, toute l'histoire de cette concession est exceptionnelle et passionnante. D'abord, les jésuites, tuteurs perpétuels et exclusifs des indigènes, font main-basse sur la seigneurie, n'hésitant pas à conclure des tractations préjudiciables aux intérêts de leurs pupilles. Ces pupilles, ce sont très vite des Hurons, arrivés à Québec une dizaine d'années après la concession, qui remplacent les occupants originaux. La tutelle jésuite sévit tout le long du Régime français. Après la Conquête, les jésuites se voient en pratique interdits par les autorités britanniques. Leurs biens doivent être liquidés. Les Hurons estiment que la seigneurie de Sillery leur revient. Obéissant à une logique impériale d'assujettissement, les Britanniques refusent de la leur rendre. Tous les prétendants aux biens des jésuites obtiendront compensations et indemnités, sauf les Hurons. Frustrés par leurs tuteurs, subjugués par l'Empire, les propriétaires originaux de la seigneurie ne s'avouent pas pour autant vaincus et poursuivent la lutte jusque sous le gouvernement du Dominion du Canada, successeur de la politique britannique. C'est ce combat inégal que Michel Lavoie raconte dans ce livre, combat dont l'issue est toujours incertaine aujourd'hui, et qui pourrait avoir une incidence énorme sur l'ensemble des revendications territoriales amérindiennes.

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