Bienveillantes (Les)

Éditeur GALLIMARD
Paru le
Papier ISBN: 9782070780976
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«En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.»Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.

Les libraires craquent

  • Commenté dans la revue Les libraires par Simon Paradis, librairie Monet

    Un directeur d’usine de dentelle, mi-allemand, mi-français, raconte son expérience comme officier SS durant la Seconde Guerre mondiale, élaborant du même coup une véritable encyclopédie du conflit. 900 pages plus tard, comment en dire plus? Le Dr Aue nous livre un témoignage poignant sur l’homme, sa barbarie, sa déchéance, au travers de son travail d’élimination systématique des Juifs d’Europe. Il parle également de Stendhal, de Wagner, de cuisine caucasienne et aussi de sa sœur. Son enfance le perturbe, particulièrement le souvenir de ces jeux qui le remplissaient de joie et celui des angoisses qui le tourmentent encore. Le tout est rythmé aux sons des tirs de panzers, des cris d’enfants et de saluts militaires. Une question demeure: pourquoi un roman sur cette guerre? Pour rappeler que le bourreau ne choisit pas toujours ses victimes, ni son métier. On aime ou on n’aime pas.

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