Passage public

Éditeur OIE DE CRAVAN
Paru le
Chercher Par:
Quantité
Papier Disponibilité ISBN: 9782922399707

Il n’y a pas meilleur compagnon de dérive que Joël Gayraud. Sourire aux lèvres, il a l’érudition tranquille de celui qui sait depuis longtemps se couler dans les pas de son double rêvé. Passage public est une étonnante exploration en sa compagnie. Du cimetière des Capucins de Rome à l’étonnante rue du Château d'argent au Pirée, en passant par la maison de Derek Jarman sur la pointe de Dungeness en Angleterre, c’est à Paris qu’il nous ramène toujours. Paris dont il connaît les plus secrets des passages publics, au point d’être sans doute le seul à savoir nous guider jusqu’à cette mysté rieuse statue qui porte l’inscription : Moi, Antonin Artaud, le 2 février 1957, je suis devenu le premier peintre de l’amour. «Paris a la rue Blanche et la rue Bleue, Rouen une rue Verte, près de la gare, Marseille une rue Rouge, mentionnée par Valery Larbaud dans Barnabooth; et un infime village de la presqu'île guérandaise, Mesquer, possède une étroite rue Noire, longue d'une dizaine de mètres et bordée de maisons de pays en granit sombre. J'ai rêvé d'une rue Jaune, dans quelque port en déclin où l'on aura souvent hissé, au temps de la marine à voile, le drapeau de la peste; et d'une rue Mauve, peuplée de senteurs tendres, à la sortie d'une ville sans banlieue, un chemin plutôt qu'une rue, grimpant doucement parmi les clos. Inutile de chercher la rue Orange, elle ne se peut pas; mais la rue Rose, bordée d'horribles usines en briques et grouillante d'ouvriers en bleu dès le hurlement des sirènes à midi, n'est rien moins qu'improbable; tout comme la rue Grise, menant à un quai de Marne ou de Meuse, plantée de platanes ombreux, garnie d'immeubles bas et las, avec au bout près de l'eau un pauvre petit mastroquet triste où mademoiselle Blanche, la serveuse chlorotique, accompagne contre rémunération, mais seulement le dimanche, les habitués dans la chambre au miroir sans tain du premier. »

Les libraires craquent

  • Ouvrir un livre et se retrouver ailleurs par la librairie Vaugeois

    Joël Gayraud aime déambuler dans les villes du monde entier, tout en ayant une prédilection pour Paris, sa ville natale, dont il connaît les moindres recoins. Dans Passage public, il nous invite à se balader en sa compagnie, de s'imprégner les lieux au point de les habiter le temps de la lecture de chacun de ces courts textes.
    http://librairievaugeois.blogspot.ca/2012/05/la-citation-de-la-semaine-joel-gayraud.html


  • Commenté dans la revue Les libraires par Sophie Gagnon-Bergeron, librairie Les bouquinistes

    Dans ces dix-sept courts récits, Joël Gayraud se fait passeur et délivre le secret de promenades à la fois sensibles et érudites à travers l’Europe, fruits d’une « extrême disponibilité du regard ». C’est ainsi que Passage public témoigne d’une habitation poétique des lieux (du quotidien, de l’enfance ou du voyage), grâce à l’habile mélange de vives sensations, de repères topographiques, de réminiscences ou de jeux langagiers. Ce recueil intelligent, d’une grande beauté, fait également voyager. En cela, il pourrait bien être ce passage public annoncé par le titre, ces lieux d’esprit mis en mots par l’auteur; un passage où quiconque peut s’engager à sa guise et pour son plus vif plaisir, devenant bientôt « avide de découvrir ce qu’il y a après le virage. »

Mentionné dans ces thématiques

Les libraires vous invitent à consulter

Les 25 ans de L'Oie de Cravan

Par publié le

Les éditions québécoises L'Oie de Cravan célèbrent leurs 25 ans d'existence. Cette maison des plus originales aime le beau risque. Elle publie des auteurs audacieux qui redéfinissent les formes et qui n'ont pas peur de sortir des sentiers battus. Poésie, bande dessinée, recueil de nouvelles, plusieurs genres sont à l'honneur de cette étonnante maison d'édition créée et dirigée par Benoît Chaput, lui-même poète, et qui a bien voulu répondre à nos questions. Champagne pour cet éditeur qui persiste

Vous aimerez peut-être...

X